lundi 30 mai 2011

Dégueulasseries

C'est fou d'aimer à ce point l'autodestruction, scruter toutes les parcelles de sa peau, trouver celle qui est blessée et appuyer très fort dessus, juste pour ressentir une électricité qui fait grimacer, la simple réaction d'un nerf qui fait ça pour qu'on arrête d'appuyer dessus mais on continue, et petit à petit, on perce la peau d'une gouttelette vermeille et petit à petit on passe au travers des tissus, des muscles, des veines dans un déchirement inaudible et dans une douleur de plus en plus grande à chaque couche traversée. On arrive à l'os, mais cette fois ci, ce n'est pas un simple point qui est percé mais une faille, une fissure qui s'écarte au fur et à mesure de la progression, arriver à la moelle osseuse et continuer, passer de l'autre côté. Tourner la lame, juste pour briser pour de bon cette chose et continuer, percer à nouveau toutes ces couches, et finir par déchirer la peau encore une fois dans un flot de sang atrocement sensible. Et pendant cette lente écorchure, hurler, hurler à pleins poumons, à s'en irriter la gorge et à en arracher les cordes vocales, sentir le métal de l'hémoglobine vous emplir peu à peu la bouche, et une fois que vous n'avez plus la place pour laisser passer de l'air, devenir une fontaine macabre, qui dans un gargouillis immonde continuera de hurler, de se brûler les cordes vocales, pour le simple plaisir des sens.

Je déteste le corps humain, trop flasque, trop blanc, sans surprise, le corps des garçons est horrible et plat, difforme et décomposé, voué à l'échec de la mortalité. Être un Adonis et se vouer dès la naissance à la putréfaction pourrissante moisissurienne la plus ignoble, dévoré par les vers, creusé par les mouches, les humeurs stagnantes commençant à libérer les senteurs que même les Enfers ne recèlent pas. L'oeil autrefois vif devient jaunâtre, vitreux, se liquéfie et finit par pourrir, comme le reste et d'ici quelques années il ne restera de vous que quelques dents et une montre à gousset détruite depuis longtemps, n'imaginez pas être supérieur pour telle ou telle raison, tôt ou tard on vous charcute et vous vous rappelez que vous êtes absurde

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