Plonger les mains dans ses poches. Regarder droit devant soi ou bien ses pieds. Faire comme si l'on se réfugiait dans sa musique comme tout le monde dans l'attente matinale de l'autocar qui nous transforme en zombies affamés dès qu'il arrive. Laisser les autres penser ce qu'ils veulent de vous en affichant une posture banale. Et s'envoler. Partir loin de son corps et du monde réel, s'envoler très haut, là où on ne peut plus avoir le vertige puisqu'on ne voit plus rien d'autre que le ciel et l'air glacé qui fouette votre visage à chaque battement d'ailes.
Voir passer devant vous des baleines immenses et des sirènes graciles qui vous frôlent de leurs cheveux en nageant dans l'onde aérienne. Faire une course contre les aigles et piquer soudainement pour ressentir cette extase qui noue lorsque l'on tombe sans rien pouvoir faire. Imaginer un courant d'air chaud qui vous berce à 3000 m sur terre, sentir tomber la pluie qui vous rafraîchit le visage, avoir soudainement froid à la joue et au bras. Se rendre compte que l'on a plus ses ailes et tomber, très vite et très longtemps, sentir cette boule qui se forme au creux de l'estomac lorsque la gravité vous rappelle que vous devez retourner à la Terre. Voir le sol s'approcher, 50, 40, 30, 20, 10. Tomber. Se réveiller en sursaut contre une vitre de bus glacée.
Être arrivé.
mardi 19 octobre 2010
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mes couilles ouais! (ça veut dire que j'ai aimé)
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