"Ca se voyait tant que ça ? s'inquiéta le vieux petit garçon.
-Non, non, je te rassure. A peine. C'était presque aussi discret que les costumes de Nounou..."
Bon, qu'est-ce que je vais pouvoir vous dire aujourd'hui ? Mis à part que la citation juste au-dessus n'a aucun rapport avec le texte qui va suivre ? Non je sais. Je vais vous dire qu'aujourd'hui il fait beau, que j'ai un médiator violet et transparent. Que j'ai mangé à peine ce midi. Que j'ai pas faim pour autant, que ma guitare est jolie et que le soleil dans un ciel bleu c'est beau. Je vais vous dire que j'ai pas envie que ça s'arrête un dimanche ensoleillé comme ça, je vais vous dire que rien que ces mots "dimanche ensoleillé" portent tellement de souvenirs depuis que je suis tout petit que je suis heureux rien que de les écrire, les lire, les entendre. Que j'ai trois carnets à finir. J'ai envie de vous dire à tous que j'ai une sorte de boule dans le ventre qui alimente en permanence un sourire sur ma tronche, on appelle ça un bonheur. C'est très dangereux, ça rend heureux.
Bordel, je voudrais redevenir enfant juste aujourd'hui. Redevenir un chevalier sans peur avec une épée en bois et on aurait dit que j'avais une armure magique. Courir dans la forêt contre l'ennemi avec 100 million d'hommes derrière moi qui seraient prêt à en découdre avec cette armée de démons mais en réalité c'est un copain mais on aurait dit que c'était le roi des démons. Je veux revenir à la maison à 16h00 complètement essoufflé et manger un sandwich à la confiture de fraise, se laver les mains pour pas que ça pègue et retourner dans la forêt se faire des bleus et des égratignures en rigolant bien et en disant qu'à la fin on fait la paix.
Je veux sentir cette boule dans la gorge en faisant mon cartable et en me disant que l'école c'est nul et que je vous le demande, à quoi ça sert une division et en maudissant cet imbécile de Charlemagne.
Manger un pain au lait avec du chocolat tout écrasé à dix heures en jouant aux billes et se mettre bien en rang en tenant la main d'une amoureuse à qui on n'a jamais dit je t'aime parce qu'on n'osait pas. Et être tout heureux et tout timide juste parce qu'on lui tient la main. Connaître par coeur "le cancre" de Jacques Prévert et sourire comme un fou quand c'est l'heure des mamans.
Rentrer chez soi, faire ses devoirs en tirant la langue sur le côté quand on écrit, colorier des dessins au crayon de couleur et courir vers son papa quand il rentre de l'étude. Bien finir toute son assiette pour pouvoir regarder la télé cinq minutes et s'endormir pour partir dans un monde inconnu de la science.
Ouais, je veux refaire ça.
dimanche 6 septembre 2009
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