dimanche 29 novembre 2009

Comme un abattement passager

"L'homme ne peut léguer à l'homme que la peine. En pente à perdre pied, inexorable estran. Sors dès que tu pourras et n'aie jamais d'enfant."
L.S.

mercredi 25 novembre 2009

And I feel now a piece of past.

Ferme les yeux. Reste allongé. Tu sens ce petit vent froid ? Celui qui passe juste au dessus de toi sans te faire frissonner. Tu as froid juste comme il faut. Le ciel est bleu. Pendant cinq minutes, tu te crois à la mer. Tu n'entends plus les bruits autour, juste le glissement du vent. Tu sens le soleil sur ta peau et de lointains bruits remontent jusqu'à devenir réels. Un bruit de vagues. Une voix familière qui te parle. T'es pas endormi non, tu remontes juste dans le temps.
Quelqu'un s'avance pour te parler, tout disparaît d'un coup. Tu te demandes si c'était réel, si pendant ce temps t'étais réellement là. Ça te l'avait déjà fait avant. En passant à des endroits, en faisant un geste, en sentant une odeur, en voyant quelque chose, en mangeant certains plats, t'avais eu à nouveau 8 ans. Comme ces fins d'année dans le théâtre où dans la pénombre des coulisses encore silencieux et vides, tu redeviens le Petit Poucet, celui d'il y a 9 ans.
Et quand tu effleures un objet que tu pensais perdu, ce frisson qui te secoue la tronche à 100 à l'heure, tu sais pas d'où ça vient, ça dure deux secondes, ça t'électrocute les Pensées et ça s'en va, aussi soudainement que c'est né.
Comme des morceaux de passé restés attachés à un endroit et qui viennent l'espace d'un instant rattraper leur retard en t'arrachant au présent.

lundi 23 novembre 2009

Parodie et génie riment, étonnant non ?

Sur le collier du chien que tu laisses au mois d'août
Sur la vulgarité de tes concours de pets
Sur l'étendard nazi et sur le drapeau rouge
Sur la rosette au coin du vieillard officiel
Sur les blousons kaki, sur les képis dorés
Sur le cul blanc des féministes
Sur le mandrin des misogynes
Sur le béret obtus des chauvins aveuglés
Sur la croix des cathos, le croâ des athées
Sur tous les bulletins et sur toutes les urnes
Où les crétins votants vont se faire entuber
Sur l'espoir en la gauche
Sur la gourmette en or de mon coiffeur de droite
Sur la couenne des connes aplaties sur les plages
Sur l'asphalte encombré de cercueils à roulettes
Sur les flancs blancs d'acier des bombes à neutron
Que tu t'offres à prix d'or sur tes impôts forcés
Sur la sébile humiliante et dérisoire
Qu'il faut tendre pourtant à tous les carrefours
Pour aider à freiner l'ardeur des métastases
Sur le mur de la honte et sur les barbelés
Sur les fronts dégarnis des commémorateurs
Pleurant au cimetière qu'ils ont eux-même empli
Sur le petit écran qui bave encore plus blanc
Sur l'encéphalogramme éternellement plat
Des musclés, des Miss France et des publicitaires
Sur l'étendard vainqueur de la médiocrité
Qui flotte sur les ondes hélas abandonnées
Aux moins méritants des handicapés mentaux
Sur la Bible et sur Mein Kampf
Sur le Coran frénétique
Sur le missel des marxistes
Sur les choux-fleurs en trop balancés aux ordures
Quand les enfants d'Afrique écartelés de faim
Savent que tu t'empiffres à mourir éclaté
Sur le nuage
Sur la lune
Sur le soleil atomique
Sur le cahier d'écolier de mes enfants irradiés
J'écris ton nom
HOMME.

Pierre Desproges

dimanche 22 novembre 2009

Dandy manché

Mh. Oui ? Entrez. Ah, c'est vous ? Ça me fait plaisir de vous voir. Peu de lumière, juste une lampe et du jazz en musique de fond. On en est à Count Basie et Ella Fitzgerald, Dream a little dream of me. Une très belle chanson. Je me sens merveilleusement bien mais quelque chose a changé, juste aujourd'hui ça s'est passé. Mais je saurais pas dire quoi. L'air me paraît plus libre qu'avant et je me sens différent. J'ai l'impression que tout est plus fluide, que tout glisse. Bref. On s'en fout. j'ai face à moi un réveil rétro arrêté, une tasse à café rétro vide, une vieux bout de verre cassé. Comme si le passé s'était réellement détaché de moi, alors que je ne l'ai jamais senti aussi omniprésent. En me relisant, je me trouve con, stéréotypé. C'est pas de la psychologie inversé, juste de l'incompréhension, si vous comprenez tant mieux, vous êtes bien les seuls.
La musique a une grande importance dans ma vie, comme tous les ados à cet âge-là, j'suis même pas original avec mon iPod. Tout à l'heure je regardais cette petite tasse de café sur mon bureau -elle y est encore- et je me disais qu'elle semblait sortie d'une affiche des années 50. Elle est belle, rassurante. Mon réveil aussi. Le passé me rassure, c'est comme ça, l'avenir est tellement flou que je me retourne tout le temps. J'aimerais être écrivain, ou poète ou peintre torturé. Un de ces titres de noblesse qui sonnent très très bien et qui vous assurent une totale liberté.

"J'suis pas un poète, j'aime pas le mot déjà, si je devais me définir, j'dirais que j'suis un raconteur d'histoires"
Bob D.

samedi 14 novembre 2009

Conversation, près d'un ange et pas loin d'un ragondin"

"Je me rappelle de la mort de Mesrine, il est mort à travers les voitures", "Josiane elle est fière de ce qu'elle a vu mais elle n'est fière de rien", "Roland il fait de la guitare", "Il volait l'argent des riches pour se déguiser en pauvre"

Toute une journée sans montre. Acheter des crayons de couleur aquarellables pour essayer, parce qu'on a vu que c'était joli sur d'autres dessins. Et effectivement c'est beau. Dessiner des visages inconnus. Penser à plus tard, penser à hier. Dessiner des choses loufoques et bizarres pour des gens qui se remettent à dessiner. Chercher son appareil photo. Aller emprunter son ampli de 80 watts à son voisin. Ecouter -M- toute la journée. Ecrire à une amoureuse. Se dire qu'il fait pas terrible et que le soleil estival c'était trop chouette. Lire les états d'âme d'un personnage hugotien contant son dernier jour et être littéralement happé par son histoire. Se questionner sur des trucs pas très importants, balayer des grandes questions du revers du regard. Mourir une énième fois.

samedi 7 novembre 2009

"A-R-T-H-U-R R-I-M-B-A-U-D"

"Qui a dit que j'étais sincère ?
-Vous n'êtes pas sincère ?
-Pas plus que vous. J'suis pas plus sincère que vous.
-...
-C'est simple, vous voulez que je vous dise ce que vous voulez m'entendre dire."

Bon. Encore une fois, bonsoir. Il commence à se faire tard, et je vous écris. Pourquoi ? Pourquoi par cette froide soirée novembrale vous écrirais-je ? Pour combler une solitude pesante et nouvelle qui, bien qu'elle n'ait pour origine moins de la semaine, me brûle les entrailles ? Pour étaler une fois de plus mon esprit plus ou moins éveillé à la gueule ? Pour me dévoiler encore un peu plus en faisant croire que je n'aime pas ça ? Ou est-ce pour passer le temps, laisser courir mes doigts sur des touches de plastique ?
Un peu tout ça à la fois sûrement. De toute façon, on s'en fout. La trace intéresse d'abord, on se questionne sur sa raison dans un second temps seulement, et nous sommes encore dans le premier. J'ai l'impression d'être double en permanence. D'un côté je n'aime pas me dévoiler, de l'autre j'ai besoin d'écrire. Un jour je me fous de votre avis, le lendemain je n'écris plus que pour vous. Il est des nuits où je prends plaisir à écrire, d'autres ne se résumant qu'à des déchirements de feuilles encrées. Je ne suis pas schizophrène au sens médical du terme, je le suis seulement pour la beauté du mot, comme d'autres aiment le mot "concupiscence" en vous le disant droit dans les yeux. Je sais que je suis en bonne santé, je veux juste pouvoir me dire Artistiquement Schizophrène, comme je suis Égoïste Artistique et "Voyageur Esthète". J'ai envie de naviguer en permanence mais le Train m'attire tout aussi fortement. J'aime et je méprise. Je vole et je reste sur la Route. Je ne suis pas seulement moi mais Je et un Autre.